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CHAPITRE TROISIEME

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SI vous cherchez à comprendre de quelle manière le hasard se servit-il pernicieusement des ficelles les plus ingrates qui tirent ce monde, peut-être serez vous surpris de connaître le premier des engrenages mauvais qu’il enclencha.

Durant ses deux dernières années de collège, sa première troisième, qu’il redoubla, et sa seconde troisième, qu’il abandonna lorsqu’il eut enfin l’âge de pouvoir abandonner légalement ses études, le frère aîné de Victoire s’était attiré la sympathie d’un garçonnet joufflu, que l’on avait de manière obscure surnommé Janvier, qui, après avoir été invité trois semaines de suite à prendre le goûter avait cru qu’il se fut agît là d’une coutume, et qui, dès lors, était revenu chaque mercredi prendre le goûter qui lui était dû. Janvier avait ceci de commun avec la famille de Victoire d’être laid, si bien que si l’on fut arrivé l’un de ces mercredi et que l’on eut du désigner celui de ceux-là qui ne fut de la famille, on eut désigné, et de bon cœur comme de bonne foi, Victoire plutôt que Janvier.

L’on disait de Janvier qu’il avait un œil à l’épitre et l’autre à l’évangile, c’est à dire, mais de manière plus tendre et d’allure plus sage, qu’il avait, il convient de le dire de manière élégante, un strabisme divergent. On disait aussi que cela lui était arrivé un jour qu’il regardait une chose qui dut être drôlement intéressante; ce jour là, on l’avait appelé, il avait tourné la tête, mais il l’avait fait de si mauvaise foi que l’un de ses yeux seulement avait suivi le mouvement de son corps, et que l’autre était resté figé sur l’objet de son attention. Ce devait être de là que cet œil qui s’enfuyait en biais tirait son air continuellement réjoui. Car Janvier avait un œil qui ne se lassait jamais de se réjouir, ce qui lui donnait un air parfois niais, souvent jovial; l’autre œil cependant se creusait parfois avec tant de force, et prenait une teinte si triste et si amère, que ces deux yeux dépareillés, qui ne s’accordait ni sur le sens ni sur l’allure, de n’être grotesque, ne se paraient que de laideur.

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