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CHAPITRE CINQUIEME

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Les parents de Victoire ne se préoccupaient que très peu de ce garçon, qui n’était rien de plus qu’une ponctuelle bouche à nourrir, aussi leur fils lui-même se satisfaisait sans mal de sa présence, présence qui le dispensait de conversation. L’habitude avait fait son office, et après qu’ils eurent tous deux arrêtés les études, Janvier vînt encore, comme par réflexe, ombre pâle et sans incidence, reste de la division ou chiffre après la virgule, traîner sa carcasse sous le toit de Victoire.

Seule la jeune fille s’était aperçu que le garçon s’était, en quelques semaines, littéralement métamorphosé, l’âge bête, avaient dit ses parents, comme ils l’avaient dit lorsque Janvier avait renoncé aux études, et comme s’il se fut arrangé pour diluer dans l’habitude ses errances esthétiques, personne même ne sembla s’apercevoir de ce jour ou il fût pris de l’envie de se raser le crâne. A peine sa mère. L’âge bête, avait-elle répété.

Puis il fugua une première fois. Janvier aspirait à ressembler aux hommes de la ville, et puisque l’on disait en campagne que les hommes de la ville étaient fous, Janvier alors aspirait à la folie, puisque les hommes de la ville l’étaient et qu’ils ne furent rois, et qu’à l’évidence les reines n’étaient jamais entourées que de fous et de rois.

Victoire se demanda plus tard si quelqu’un d’autre qu’elle ne s’aperçut jamais qu’un jour, Janvier ne revint pas prendre le gouter. Janvier probablement s’en était allé voir si l’on ne le remarquerait pas plus ailleurs. Victoire se dit alors que Janvier avait peut-être avait été plus malin qu’elle, et repensa quelquefois, en entendant parler ici et là de ce môme, celui-là qui louchait, et que l’on ne voyait plus par ici, qui s’en était allé, que c’était une sacré bonne idée qu’il avait eu là.

Certains fruits pourrissent dans l’arbre; il n’y a que ceux qui en tombent qui germent.

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